À propos...
La marque
Je suis infographiste le jour, et bijoutière la nuit. Mais dans les deux cas, je dessine des choses qui n’existaient pas encore.
Plum, c’est la traduction anglaise de Prune. Et Prune, c’est exactement ce que je suis — une couleur entre deux eaux, ni framboise ni bordeaux, quelque chose de plus discret, de plus complexe. Un prénom qui laisse poindre une personnalité pleine d’imagination, empathique, un brin fantasque, curieuse jusqu’au bout des doigts. Patiente quand il le faut. Entêtée presque toujours.
Je suis née quadruplée. Oui — deux sœurs jumelles, un frère jumeau, et moi. Au milieu de tout ce monde, j’ai toujours su que j’étais différente. Pas mieux, pas moins. Juste… ailleurs. Dans ma bulle. Dans mes rêves. Je sauvais les animaux en détresse, j’aimais jardiner avec mon père, je faisais des gâteaux à la maison et des gaufres avec ma bonne-maman. Et dans mon coin, je fabriquais des mini-livres pour mes Barbies — écrits en tout petit, comme si l’échelle changeait quelque chose à l’importance des mots.
Je tressais aussi des bracelets brésiliens. Les plus compliqués que je pouvais trouver. Parce que pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? C’est mon leitmotiv depuis toujours. Ma devise. Mon défaut préféré.
Je dessinais aussi — énormément — en reproduisant le monde avec une précision presque obstinée. Puis les études d’architecture d’intérieur ont pris le relais, ensuite les bureaux d’architecture, les images de synthèse, les événements à produire à toute vitesse, douze heures par jour. Puis deux garçons sont arrivés, et je me suis un peu apaisée. Et puis l’accident de mon père en 2012.
Ceux qui ont vécu ça savent ce que ça fait. On se rappelle soudainement qu’on a des rêves. Qu’ils ne vont pas se réaliser tout seuls pendant qu’on regarde ailleurs.
J’avais besoin de refaire des choses de mes mains. Alors j’ai passé un diplôme de pâtisserie. J’ai réalisé des centaines de gâteaux personnalisés — anniversaires, mariages, tous les prétextes étaient bons. À la base, je voulais juste comprendre comment on faisait le chapeau de curé, cette petite pâtisserie entourée de massepain rose. Sept ans plus tard, j’avais perdu le mojo. C’est comme ça. Ça arrive.
Alors j’ai cherché autre chose. Et c’est le confinement qui a tout décidé. En faisant du rangement pendant le Covid, je suis tombée sur un vieux bracelet en filigrane — de ceux qu’on garde sans trop savoir pourquoi. Je l’avais eu adolescente, et je me souvenais très bien de cette pensée fugace, à l’époque : un jour, je saurai comment on fait ça. Pas avec l’idée de le fabriquer moi-même. Juste la curiosité, tenace, d’une fille qui a toujours besoin de comprendre comment les choses naissent. Ce jour-là, dans la poussière du rangement, l’envie est devenue concrète. La bijouterie, comme une évidence enfin rattrapée. Trois années inspirantes à l’EFP.
Pour mon épreuve de bijouterie, j’ai dû faire sertir mes pièces. J’ai découvert un métier fascinant. Et me voilà embarquée dans deux années de sertissage à l’Institut Jeanne Toussaint — à apprendre, à rater, à recommencer, à comprendre. À terminer fièrement ma pièce d’examen avec un pavé serti de mes propres mains.
Plum, c’est tout ça. Une infographiste qui tresse, qui pâtisse, qui sertit, qui dessine. Une fille qui n’a jamais aimé qu’on lui impose des limites — et qui a finalement compris que les plus belles choses naissent précisément là où on pensait ne pas pouvoir aller.
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